Je voterai François Hollande les 22 avril et 6 mai 2012

Ce n’est un secret pour personne, je suis socialiste. Après avoir milité à la Convention des institutions républicaines de François Mitterrand, j’ai rejoint le Parti d’Epinay et ne l’ai plus jamais quitté.

Il m’a donné l’occasion de servir mon pays et ma région et de côtoyer des hommes exceptionnels, des hommes d’Etat. François Mitterrand bien sûr, mais aussi Pierre Mauroy, Michel Rocard, Lionel Jospin et Laurent Fabius. François Hollande est de la même étoffe. Je l’ai soutenu lors des primaires citoyennes, le discours qu’il a prononcé le 22 janvier au Bourget me conforte dans mon choix.

C’est le choix d’un social-démocrate, qui croit à l’intelligence des territoires pour créer les dynamiques de la justice sociale. C’est le choix d’un homme qui connaît et qui aime la France pour l’avoir sillonnée, un homme de gauche, républicain, sans ambiguïtés sur ses valeurs et ses objectifs, ambitieux et réaliste tout à la fois.

Dimanche, il a su esquisser une trajectoire et faire se lever ce rêve français dont il souhaite nous redonner le goût. Il nous appartient à présent de l’aider, de le soutenir, de l’accompagner dans les trois mois à venir. Il est prêt à incarner la France, la tâche sera rude mais il est le plus apte à la mener. Le changement, c’est maintenant !

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Lois mémorielles : un engrenage a-historique incontrolable

Hier la commission des Lois du Sénat a voté une motion d’irrecevabilité d’un texte prévoyant la pénalisation de la négation des génocides présentée par son président, mon excellent collègue Jean-Pierre Sueur. Ce texte visait à titre principal à sanctionner la négation du génocide arménien de 1915, reconnu par le Parlement français en 2001 mais toujours contesté en Turquie.

Je me félicite de cette décision à plusieurs titres mais, avant de les développer, je tiens d’abord à préciser que toute la littérature spécialisée me pousse, à titre personnel, à reconnaître la réalité du génocide arménien et, en tant que citoyen, à dire l’horreur qu’il m’inspire.

Pour autant, je ne crois pas que ce soit aux Parlements nationaux de légiférer sur les tragédies de l’histoire. Cette tâche est celle des historiens. Il est déplorable que les historiens turcs n’aient pas eu la liberté de s’exprimer en toute indépendance sur ce sujet et que, par ce fait, la société turque n’ait pas pu faire son travail de mémoire sur son sanglant passé.

Il est heureux que dans notre pays, les chercheurs puissent débattre librement de notre histoire. La loi Gayssot pose simplement un principe : les jugements rendus à Nuremberg sont exceptionnels parce qu’ils relèvent d’une Cour exceptionnelle aujourd’hui dissoute. Les jugements de cette dernière ne sauraient faire l’objet d’un appel. La contestation de ces derniers est d’autant plus grave que les responsables de Vichy ont à l’époque collaboré avec les exécuteurs de ce crime. La contestation de ces jugements est donc un délit. Cette loi n’a jamais empêché le travail des chercheurs ou la tenue de colloques et de conférences sur le sujet.

Légiférer sur les génocides est un autre problème : premièrement le Parlement a-t-il les capacités pour porter un jugement sur des évènements historiques, qui se sont déroulés dans un contexte différent de celui dans lequel nous vivons. Populariser, enseigner, expliquer, c’est la tâche des historiens et chercheurs ; celle des élus est de faciliter leur travail.

Légiférer sur les génocides, c’est ouvrir la boîte de Pandore des revendications communautaires. Chacun demandera à voir la souffrance de ses ancêtres, réelle, reconnue par la loi. Ce n’est ni le rôle ni la place du Parlement.

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