Réforme des collectivités : Français, le chef de l’Etat vous a déclaré la guerre

Le président de la République a dévoilé hier ses orientations pour la réforme des collectivités territoriales, orientations qui seront reprises dans différents projet de loi dont le premier a été présenté aujourd’hui en Conseil des ministres.

Il faut reconnaître un talent à M. Sarkozy, c’est un grand stratège politique. Comme tous les grands stratèges, il sait que le nerf de la guerre, c’est l’argent. Il a donc commencé sa réforme par la suppression de la taxe professionnelle. Cette taxe était la principale forme de fiscalité directe des collectivités. Sa suppression et son remplacement par une dotation étatique ont deux conséquences : la première, c’est la fin de l’autonomie fiscale des collectivités ; la seconde, avec une dotation à l’euro près la première année et une inflation, qui – même résiduelle – est inévitable, est l’étranglement progressif des marges de manœuvre budgétaires des collectivités.

Dans la partie d’échecs qu’il a engagée avec les collectivités, son deuxième coup est la réforme du mode d’élection. Il y a beaucoup de choses à dire sur les modes d’élections cantonaux et régionaux. A leur passif, on peut inscrire un découpage cantonal obsolète et un mode de scrutin régional qui donne une parfois une prime à l’outsider, dans les triangulaires. A leur actif, on peut noter que le scrutin cantonal pourrait être rendu beaucoup plus égalitaire par un simple redécoupage et que le scrutin régional dégage des majorités stables.

A la place, M. Sarkozy veut mettre en place un mode de scrutin innovant : celui où la droite ne perd jamais ! 80% des conseillers territoriaux seraient élus sur le mode du scrutin uninominal à un tour dans des cantons redécoupés et élargis – électorat traditionnel de la droite – et 20% d’entre eux seraient élus par scrutin de proportionnel au plus fort reste afin de « limiter la casse ».

Quand aux assemblées, au prétexte qu’elles seraient trop densément peuplées, il voudrait en faire des pétaudières. Certains membres de l’assemblée départementale siègeraient également à l’assemblée régionale qui ne serait plus qu’un bureau des réclamations de bouts de territoires et non le chef d’orchestre d’une stratégie territoriale qu’elle est aujourd’hui.

La question que chacun est en droit de se poser devant un plan aussi implacable est la suivante : pourquoi tant de rage ? La réponse est relativement simple : la France protège ses citoyens, elle est le pays qui consacre le plus de sa richesse à la protection sociale, une championne du monde en quelque sorte. Cela, le chef de l’Etat ne peut le supporter. Par idéologie, il a décidé de détruire une à une toutes les protections sociales.  Il a utilisé pour ce faire la méthode classique de la droite : exonérer les plus riches d’impôt et prétendre ensuite qu’il est obligé de tailler des les programmes sociaux pour raisons budgétaires.

Seulement voilà, les régions et départements de France n’ont pas suivi sa logique suicidaire et se sont engagés pour protéger leurs administrés face à la crise. M. Sarkozy a rencontré quelque chose qui lui résistait, il a donc décidé de le détruire.

A travers ses élus, c’est au peuple français que le chef de l’Etat déclare la guerre. Il veut revenir sur trente ans de décentralisation et de progrès démocratique. Ici, je veux lui dire, nous sommes de vieux guerriers mais nous mènerons ce combat car c’est celui des françaises et des français qui nous ont fait confiance. Nous ne trahirons pas ce pacte !

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