Pour une politique monétaire européenne

La crise financière à laquelle nous sommes confrontés aura eu au moins un effet positif : elle aura démontré la pertinence de l’intuition européenne de Robert Schumann et de Jean Monnet. En effet, il n’était pas évident, le pari des pères fondateurs de l’Union. Il était le suivant : ensemble, non seulement les pays européens pourraient tisser des liens si forts que plus jamais ils ne s’affronteraient mais en plus, l’organisation qui résulterait de ces liens nous protègerait plus efficacement qu’aucune autre alliance.

Leurs descendants ont porté cet héritage haut et ont décidé de mettre en commun l’un des symboles les plus puissants  de la souveraineté nationale : leur monnaie.

La crise a montré qu’ils avaient raison, mille fois raison. L’euro nous a protégés. Sans lui, les monnaies européennes n’auraient sans doute pas résisté et nous connaitrions un sort semblable à celui de l’Islande.

Pourtant, un outil nous manque pour pouvoir faire jeu égal avec les autres grandes puissances économiques. Le président de la Fed, équivalent de la banque centrale aux Etats-Unis, prend ses ordres à la Maison Blanche. Son homologue chinois est un hiérarque du parti communiste chinois. Tous deux suivent des politiques monétaires décidées par les dirigeants de leurs pays respectifs.

Les Etats-Unis dévaluent leur dollar afin de rester compétitifs et de faire supporter le poids de leur dette par le reste du monde. Les chinois ont fixé le prix du yuan à celui du dollar, ce qui revient à sous-évaluer leur monnaie, pour pouvoir continuer à avoir une production industrielle compétitive.

En Europe, M. Trichet, le président de la BCE, ne rend de comptes à personne. Les membres de l’Eurogroupe le nomment mais il est comme en apesanteur pour la durée de son mandat. Il se trouve que M. Trichet défend un euro fort. Il a raison, c’est ce qui a permis de nous protéger de la crise. Mais un euro au taux d’un dollar cinquante, c’est un euro cher qui plombe nos économies en renchérissant nos exportations. C’est un désastre industriel que crée cette absence de politique.

Il nous faut absolument doter l’Eurogroupe d’un pouvoir de définition d’une politique monétaire. Au nom de quel dogme serions-nous les seuls à jouer le jeu d’une banque centrale totalement indépendante ? Celui qui nous a menés à la pire crise économico-financière depuis la grande dépression ?

Je note que les Etats généraux de l’Industrie vont bientôt être conduits sous la houlette de Christian Estrosi. Le taux de change de l’euro est l’un des principaux freins à nos exportations industrielles et serait probablement responsable de la mort de notre tissu industriel si nous continuions à ne rien faire. Il est temps d’avoir une vraie politique monétaire européenne.

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