L’enseignement mutilé en Nord-Pas de Calais

Ce n’était pas vraiment un secret : le gouvernement fait des coupes sombres dans le budget de l’Education nationale. Pour faire des économies, il a décidé de ne pas remplacer deux enseignants partant à la retraite sur trois. Plus largement, nous connaissons sa politique : « non remplacement d’un fonctionnaire sur deux ».

Est-ce que ça marche ? Associée à une rationalisation des services de l’Etat, cela permettra de dégager 6 milliards d’euros d’économies par an. En comparaison, en 2009, le déficit était de 138 milliards, soit la moitié des dépenses du budget général. En 2013, la dette oscillera entre 1700  et 2 000 milliards d’euros. C’est donc inefficace si l’on se place du point de vue budgétaire.

Est-ce que c’est juste ? Se basant sur une réalité démographique conjoncturelle – la baisse du nombre des élèves en Nord-Pas de Calais – on en profite pour supprimer des postes dans une des académies les plus difficiles de France, parce qu’elle accueille des élèves d’un milieu social populaire. C’est une iniquité !

Est-ce que ça va continuer encore longtemps ? Pour continuer à sabrer dans les effectifs, un courrier du Ministère de l’Education nationale aux recteurs nous révèle leur recette : augmenter le nombre d’élèves par classe, diminuer la scolarisation des moins de trois ans, fermer les petites écoles rurales, supprimer les personnels parascolaires (infirmières ; psychologues ; etc.), avoir recours systématiquement au vacataires, la liste est longue.

Ces suppressions de poste sont-elles le seul horizon du gouvernement, et les réformettes successives un cache-sexe ? Ou bien est-ce le contraire, et les réformes sont le piolet, les suppressions de postes le marteau, avec lesquels l’Education nationale est démantelée ? Que ce soit l’un ou l’autre, le récent rapport de la Cour des Comptes pointe à raison le manque assourdissant de vision stratégique et de planification à la tête de ce ministère.

Il aurait pourtant été possible de faire autrement, pas nécessairement avec plus d’enseignants mais certainement pas avec moins, en s’inspirant du modèle finlandais par exemple, pour acclimater un système qui obtient les meilleures places dans les classements internationaux, que ce soit sur le niveau des élèves ou l’équité du système.

Une chose est sûre, après plus de 40 000 postes supprimés sur trois rentrées, les ghettos scolaires ont de beaux jours devant eux !

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