Burqua : refuser l’abjection ; refuser l’instrumentalisation

Le projet de loi sur la « dissimulation du visage dans l’espace public » a été discuté hier au Sénat.

Un texte pareil est toujours délicat. Ne nous payons pas de mots, nous savons tous que son application pratique est l’interdiction du port de la burqua, ce vêtement que les intégristes islamistes imposent aux femmes de leur entourage et qui les recouvre de la tête aux pieds.

Il n’est pas innocent que la majorité présente ce texte après les polémiques des dernières années sur le port du voile à l’école, le traitement des moutons lors de la fête de l’Aïd, les difficultés que de nombreuses communautés musulmanes ont éprouvé pour édifier une mosquée. Il faut être vigilant contre tout risque de trop légiférer sur le domaine privé que constituent les convictions religieuses de chacun. Il faut également veiller à ce qu’une législation visant à maintenir l’ordre harmonieux de la société ne soit pas ressentie par certains de nos concitoyens comme une attaque dirigée directement contre leurs croyances profondes.

Par ailleurs, le texte qui nous est présenté pâtit d’un avis du Conseil d’Etat qui prévient que si le port du voile intégral peut tout à fait être banni des services publics, il semblait plus discutable de l’interdire entièrement de l’espace public. Quelle que soit l’issue des débats, un recours parlementaire devant le Conseil Constitutionnel m’apparaît peu probable. Toutefois, je ne doute pas qu’une telle loi serait immanquablement contestée par voie d’une question prioritaire de constitutionnalité, nouveau recours ouvert à nos concitoyens par la révision constitutionnelle de 2008.

Cependant, il n’appartient pas au Parlement de se cacher derrière des arguments de légalité. Il est l’expression politique de la Nation, il doit avoir une expression politique. Il n’appartient pas non plus aux parlementaires de juger d’un texte sur les arrière-pensées soupçonnées de ses auteurs mais de par sa réalité.

La burqua est une prison dont les femmes, contraintes ou convaincues de la porter, sont les détenues. La dissimulation du visage dans l’espace public est attentatoire à l’ordre social et public. Nous ne devons pas avoir le moindre état d’âme pour défendre nos principes républicains et laïcs.

C’est pourquoi j’ai voté ce texte en conscience. J’espère par la suite que tout débat malsain sur la compatibilité des croyances de mes compatriotes de confession musulmane avec la République sera purgé. Un tel procédé est fallacieux, il contribue à l’enfermement communautariste qu’il convient de dénoncer et de combattre.

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