Proposition de loi sur l’absentéisme scolaire

Alors que s’achève au Sénat l’examen du projet de loi d’orientation et de programmation de la performance de la sécurité intérieure, nous sommes amenés à nous prononcer sur la proposition de loi visant à étendre les conditions de suppression des allocations familiales pour les familles dont un rejeton aurait trop « séché » l’école.

Une disposition répressive de plus, une volonté de plus de résoudre de voir le monde en termes de carottes et de bâtons. En effet, après avoir essayé la carotte en promettant aux jeunes de l’académie de Créteil une incitation financière à la présence, la majorité retrouve son bâton bien-aimé et promet aux familles d’élèves décrocheurs de leurs suspendre le versement des allocations familiales.

Manifestement, le gouvernement n’a toujours pas compris que les français et françaises de tous âges ne sont pas des mules. Il gagnerait pourtant à raisonner en termes de moyens plutôt qu’en termes d’incitation et de coercition.

Les 6000 élèves chanceux qui effectuent leur rentrée dans un internat d’excellence sont là pour montrer que le gouvernement n’oublie pas les défavorisés. Ils sont aussi là pour détourner l’attention des centaines de milliers d’élèves qui effectuent leur rentrée dans des conditions discutables.

Avec 40 000 postes d’enseignants supprimés en trois ans, le gouvernement obtient les palmes de la désinvolture académique. Aujourd’hui, ce sont 10 000 enseignants qui manquent à l’appel pour effectuer une rentrée convenable. En dix ans, la part de l’éducation dans le PIB est passée de 7,7% à 6%, montre un récent rapport de l’OCDE.

Les collectivités locales, qui sont les seules à investir courageusement dans le potentiel que représente notre jeunesse, par la rénovation et la construction d’infrastructures de qualité, sont évidemment traitées en ennemies par ce dernier.

Ainsi, le projet de loi en question prévoit de dessaisir le président du conseil général, élu par le peuple, de sa prérogative de saisir le directeur de la caisse des allocations familiales en cas d’absentéisme scolaire, pour confier cette responsabilité à l’inspecteur d’académie, nommé par le pouvoir central. Il est vrai que le seul président de conseil général à avoir usé de cette prérogative jusqu’ici est monsieur Eric Ciotti, président du conseil général des Alpes Maritimes, député, secrétaire national de l’UMP chargé des questions de sécurité et…rédacteur de la proposition de loi.

Une telle manœuvre vise avant tout à faire plaisir au président de la République, mécontent de son camp, qui n’applique pas toujours avec assez d’entrain les durcissements sécuritaires démagogiques de ce dernier.

Au Sénat, les socialistes se battront pour le refus net et ferme de cette spirale sécuritaire.

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