Surpopulation pénitentiaire : la leçon californienne

C’est un principe de décence élémentaire qui nous est rappelé par l’actualité outre-Atlantique : quand on prive un être humain de sa liberté, on le fait autant pour protéger la société que la personne en question. Le but à poursuivre doit être aussi la réhabilitation et non exclusivement la punition.

La Cour suprême des Etats-Unis, constatant l’état extrême de surpeuplement des prisons californienne, qui empêchait de respecter les besoins d’hygiène et de santé des prisonniers, a ordonné à l’Etat fédéral de construire de nouvelles prisons, de transférer ses prisonniers dans d’autres Etats ou de trouver des solutions d’aménagement de peine en liberté (bracelet électronique ; mise en liberté probatoire). Au total, ce sont près de 40 000 prisonniers qui sont concernés.

Toutes proportions gardées, la France connaît un problème similaire : des prisons surpeuplées et vétustes. Rappelons d’abord, que tous les détenus ne sont pas des condamnés, un grand nombre d’entre eux sont en attente de jugement. A Rouen, des prisonniers ont réussi à faire condamner l’Etat pour les conditions de vie inacceptables d’insalubrité auxquelles ils étaient réduits.

Le gouvernement, tout à sa politique du tout-répressif continue de remplir les prisons. Pour faire face, il construit à nouveau de grands ensembles déshumanisés où l’accompagnement du prisonnier vers la réinsertion est rendu difficile par la simple loi du nombre.

Ainsi, pour la zone interrégionale de Lille, d’ici à 2016, l’administration pénitentiaire prévoit la fermeture de sept établissements accueillant 1836 personnes et l’ouverture de quatre établissement représentant 2640 places. On passe d’une moyenne de 262 détenus par établissement à une moyenne de 660 détenus par établissement.

Les établissements qui seront fermés étaient vétustes et il fallait en fermer certains, en rénover d’autres, mais le programme immobilier présenté passe la dimension humaine de l’établissement, importante pour la réhabilitation et la réinsertion, par pertes et profits. Au passage, cette nouvelle « carte pénitentiaire » éloigne mécaniquement les détenus de leurs familles et laisse des trous béants dans les territoires, comme dans le dunkerquois, par exemple.

Comme en Californie, il est temps d’introduire la dimension humaine du détenu dans la pensée du système d’application des peines. Il en va de la dignité de notre société.

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